| 🎓 Classe | 💰 Salaire brut mensuel | ⏱️ Conditions d’accès | 📊 Taux de promotion |
| 2ème classe (début de carrière) | 3 308 € à 5 277 € | Nomination initiale – 13 ans de progression | – |
| 1ère classe (promotion intermédiaire) | 4 111 € à 5 799 € | Au choix, sans ancienneté minimum | 18% |
| Classe exceptionnelle (sommet) | 5 799 € à 6 567 € | 18 mois d’ancienneté en 1ère classe | 15% |
| 💡 Primes et compléments : RIPEC 400 €/mois + heures complémentaires (CM : 65,22 € | TD : 43,50 € | TP : 28,98 €) | |||
| ⚠️ Pouvoir d’achat : -15% depuis 2020 | Point d’indice gelé 2024-2026 | Salaire = 2,20x SMIC en 2026 vs 2,53x en 2020 | |||
Parlons aujourd’hui d’un sujet qui suscite beaucoup de questions et parfois même quelques fantasmes : le salaire des professeurs d’université. Que vous envisagiez cette carrière ou que vous soyez simplement curieux de savoir combien gagnent réellement ces enseignants-chercheurs, cet article va vous apporter toutes les réponses nécessaires.
Combien gagne un professeur d’université en 2026 ?
Pour répondre directement à la question principale : un professeur d’université en France gagne entre 3 308 euros et 6 567 euros brut par mois selon son échelon et sa classe. Ces montants sont fixés par une grille indiciaire nationale et évoluent en fonction de l’ancienneté et des promotions.
Le salaire d’un professeur d’université varie considérablement selon plusieurs critères. Un professeur de 2ème classe débutant commence avec un traitement mensuel brut d’environ 3 308 euros, tandis qu’un professeur en classe exceptionnelle au dernier échelon peut atteindre 6 567 euros brut mensuels. Il est important de comprendre que ces montants représentent le traitement de base avant primes.
Au Canada, la situation diffère légèrement. Le salaire médian des enseignants à temps plein dans les universités canadiennes s’établit à 151 700 dollars canadiens pour l’année 2023-2024. Dans les universités membres du groupe U15 Canada, ce salaire médian grimpe même à 164 750 dollars.
La structure de la carrière universitaire et ses trois classes
La carrière d’un professeur des universités est structurée en trois classes distinctes qui déterminent la progression salariale. Cette organisation permet une évolution professionnelle claire et des augmentations régulières tout au long de la carrière.
Professeur de 2ème classe : le début de carrière
La 2ème classe constitue le point d’entrée dans le corps des professeurs d’université. Cette classe comporte cinq échelons classiques, suivis de trois échelons de hors échelle (HEA1, HEA2, HEA3) et trois autres échelons supplémentaires (HEB1, HEB2, HEB3). Le salaire évolue de 3 308 euros brut mensuels au premier échelon jusqu’à 5 277 euros au dernier échelon HEB3.
La durée dans chaque échelon varie, permettant une progression régulière : un an pour les premiers échelons, puis des durées plus longues en fin de grille. L’ancienneté totale pour parcourir toute la grille de 2ème classe s’étend sur environ 13 ans.
Professeur de 1ère classe : la promotion intermédiaire
Le passage en 1ère classe représente une étape importante dans la carrière. Cette promotion se fait au choix, avec un taux de promotion qui a évolué de 15% en 2022 à 18% depuis 2023. La première classe commence directement à un salaire de 4 111 euros brut mensuel et peut atteindre 5 799 euros au dernier échelon HEC3.
Cette classe comporte sept échelons au total, avec une durée minimale de trois ans au premier échelon. Les professeurs de première classe peuvent ensuite candidater pour la classe exceptionnelle après avoir acquis l’ancienneté nécessaire.
Classe exceptionnelle : le sommet de la carrière
La classe exceptionnelle représente le grade le plus élevé accessible à un professeur d’université. L’accès au premier échelon nécessite au moins 18 mois d’ancienneté en première classe, avec un taux de promotion maintenu à 15%. Les salaires s’échelonnent de 5 799 euros à 6 567 euros brut mensuels.
Le passage au 2ème échelon de la classe exceptionnelle, qui offre les rémunérations les plus élevées, requiert également 18 mois d’ancienneté dans le premier échelon. Cependant, le taux de promotion pour ce passage est passé de 21% en 2022 à 15% depuis 2023, rendant cette ultime progression plus sélective.
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L’érosion du pouvoir d’achat : un constat préoccupant
Un aspect crucial souvent négligé concerne l’évolution réelle du pouvoir d’achat des professeurs d’université. Les données récentes révèlent une situation préoccupante qui mérite d’être examinée attentivement.
Depuis 2000, le point d’indice de la fonction publique a perdu plus de 28% de sa valeur. Plus récemment, depuis 2020, les grilles salariales ont perdu environ 15% de leur valeur en raison de l’inflation non compensée. Concrètement, un professeur de 2ème classe au 5ème échelon gagnait l’équivalent de 2,53 fois le SMIC en décembre 2020, contre seulement 2,20 fois le SMIC en juin 2026.
Le gouvernement a gelé le point d’indice en 2024, 2025 et 2026, après des années déjà difficiles. Les seules revalorisations récentes (+3,5% en juillet 2022 et +1,5% en juillet 2023) restent largement insuffisantes face à une inflation qui a atteint 5,2% en 2022 et 4,9% en 2023.
Les primes et compléments de rémunération
Le traitement de base ne représente qu’une partie de la rémunération totale d’un professeur d’université. Les primes constituent un complément non négligeable du revenu, bien que leur montant ait également fait l’objet de controverses.
Le RIPEC : la nouvelle prime statutaire
Depuis la Loi de Programmation de la Recherche (LPR), les enseignants-chercheurs perçoivent le RIPEC (Régime Indemnitaire des Personnels Enseignants et Chercheurs) qui remplace l’ancienne PRES. Cette prime comprend trois composantes distinctes :
- La part C1, statutaire et versée à tous : 4 800 euros brut par an (400 euros brut par mois) en 2026
- La part C2, liée aux fonctions exercées (responsabilités administratives, pédagogiques)
- La part C3, individuelle et basée sur le « mérite »
Le montant de la part C1 n’a pas été revalorisé en 2026, contrairement aux engagements initiaux de la LPR. Cette part devrait théoriquement atteindre 6 400 euros annuels en 2027, mais cette projection reste incertaine. Pour rappel, cette prime était de seulement 1 260 euros par an avant 2021 pour les PU.
Les heures complémentaires et leur rémunération
Les professeurs peuvent effectuer des heures complémentaires au-delà de leur service statutaire. Ces heures sont rémunérées selon un barème national actualisé en juillet 2023 :
- Cours magistral (hCM) : 65,22 euros brut par heure
- Travaux dirigés (hTD) : 43,50 euros brut par heure
- Travaux pratiques (hTP) : 28,98 euros brut par heure
Ces montants correspondent à un taux horaire qui reste problématique puisque, rapporté au temps de travail réel nécessaire pour préparer et assurer ces enseignements (environ 4,18 heures de travail par heure d’enseignement), la rémunération effective se situe en dessous du SMIC horaire.
Les disparités salariales selon les contextes
Tous les professeurs d’université ne sont pas logés à la même enseigne. Plusieurs facteurs créent des disparités significatives dans les rémunérations perçues.
L’écart entre universités de recherche intensive et autres établissements
Au Canada, les données révèlent des différences marquées. Les professeurs des universités membres de U15 Canada (regroupant les 15 grandes universités de recherche) bénéficient de salaires médians plus élevés à tous les rangs professoraux. L’écart atteint 25 450 dollars canadiens chez les professeurs titulaires : 196 725 dollars pour une université U15 contre 171 275 dollars ailleurs.
Cette différence s’explique principalement par l’accès aux financements fédéraux de recherche. En 2022-2023, les universités U15 ont reçu 71% des 4,8 milliards de dollars accordés par le gouvernement fédéral aux universités canadiennes. Ces ressources permettent d’offrir des salaires plus compétitifs pour attirer les meilleurs chercheurs.
Les écarts de genre persistent
Malgré les progrès en matière d’égalité, les écarts salariaux entre hommes et femmes demeurent une réalité dans le milieu universitaire. En 2023-2024 au Canada, les professeures titulaires gagnaient 95,8% du salaire médian de leurs collègues masculins (178 950 dollars contre 186 775 dollars).
Ce ratio est resté relativement stable au cours des dix dernières années, oscillant entre 95% et 96,6%. Les professeures agrégées gagnaient quant à elles 97% du salaire de leurs homologues masculins, et les professeures adjointes 97,3%. Ces écarts s’expliquent notamment par une ancienneté moyenne inférieure des femmes dans ces rangs professoraux.
Le processus de classement et de reclassement
Comprendre comment s’effectue le classement initial et les reclassements ultérieurs est essentiel pour anticiper sa progression salariale. Ces processus sont régis par des règles précises mais parfois complexes.
Lors de la nomination comme professeur d’université, l’administration effectue un classement tenant compte du passé professionnel. Les années passées comme maître de conférences, les activités de recherche et autres expériences pertinentes sont prises en compte. Un arrêté officiel fixe alors l’échelon initial avec une certaine ancienneté.
En cas de promotion vers un grade supérieur, le reclassement s’effectue selon une règle précise : le professeur est classé à l’échelon comportant un indice de rémunération égal ou immédiatement supérieur à celui détenu précédemment. Si ce changement n’entraîne pas d’augmentation de traitement, l’ancienneté acquise dans l’échelon précédent est conservée partiellement.
Il est fortement recommandé de vérifier minutieusement son arrêté de classement ou de reclassement, car des erreurs administratives peuvent survenir. Ces erreurs peuvent avoir des conséquences financières non négligeables sur l’ensemble de la carrière.
Les conditions d’avancement et les taux de promotion
L’avancement dans la carrière professorale ne se fait pas automatiquement. Il dépend de règles strictes et de quotas de promotion qui déterminent le rythme de progression de chacun.
Le passage de la 2ème à la 1ère classe se fait sans condition d’ancienneté minimale, mais au choix, avec un taux de promotion fixé nationalement. Les promotions sont décidées pour moitié par le Conseil National des Universités (CNU) et pour moitié par les instances locales de l’établissement (Conseil Académique et Conseil d’Administration en formation restreinte).
Pour accéder au premier échelon de la classe exceptionnelle, il faut justifier d’au moins 18 mois d’ancienneté en première classe. Le passage au 2ème échelon de la classe exceptionnelle nécessite également 18 mois d’ancienneté dans le premier échelon. Ces conditions d’ancienneté s’ajoutent aux quotas de promotion qui limitent le nombre de bénéficiaires.
Les taux de promotion varient selon les années et sont fixés par arrêté ministériel. Depuis 2023, le taux pour accéder à la première classe est de 18%, celui pour la classe exceptionnelle 1er échelon de 15%, et celui pour le 2ème échelon de la classe exceptionnelle de 15% également (en baisse par rapport aux 21% de 2022).
Les avantages sociaux et conditions de travail

Au-delà du salaire stricto sensu, les conditions d’emploi des professeurs d’université comprennent divers avantages sociaux qui contribuent à l’attractivité de la profession.
Protection sociale et assurances
Les professeurs d’université bénéficient de la protection sociale de la fonction publique en France, incluant une couverture maladie, des droits à la retraite calculés selon le régime des fonctionnaires, et divers congés. Au Canada, comme à l’Université Laval, les professeurs disposent d’une gamme complète d’assurances collectives auxquelles l’université contribue financièrement : assurance santé, assurance voyage, assurance salaire en cas d’invalidité, et assurance vie.
Le régime de retraite constitue un élément important de la rémunération différée. Au Canada, les universités proposent des régimes à prestations déterminées avec contribution de l’employeur, offrant une sécurité financière pour la retraite.
Congés et flexibilité
Les professeurs d’université disposent de plusieurs types de congés : congés maladie, congés parentaux avec des spécificités avantageuses (décharges de service d’au moins un demi-service annuel pour naissance ou adoption), congés sabbatiques pour recherche, et congés pour événements familiaux. Cette flexibilité permet de mieux concilier vie professionnelle et vie personnelle.
Les années d’étude et de recherche (AER) offrent la possibilité de se consacrer pleinement à des projets de recherche pendant une période déterminée, contribuant ainsi au développement de la carrière académique.
La réalité du métier au-delà du salaire
Discuter du salaire des professeurs d’université sans évoquer la réalité quotidienne du métier donnerait une image incomplète. Le traitement mensuel ne reflète qu’imparfaitement la complexité de cette profession.
Un professeur d’université cumule plusieurs missions : l’enseignement bien sûr, mais aussi la recherche, l’encadrement doctoral, les responsabilités administratives, le rayonnement scientifique, et souvent la recherche de financements. Cette charge de travail multiple dépasse largement les obligations de service statutaires et se poursuit fréquemment en soirée, le week-end et pendant les périodes de congés officiels.
La pression à la publication, la compétition pour les financements de recherche, l’encadrement d’équipes et les responsabilités collectives représentent autant de dimensions du métier qui ne sont pas directement rémunérées. Le salaire doit donc être considéré dans ce contexte de missions multiples et d’investissement personnel important.
La carrière universitaire offre néanmoins des satisfactions intellectuelles considérables : la liberté académique, la possibilité de contribuer à l’avancement des connaissances, la transmission du savoir aux nouvelles générations, et l’autonomie dans l’organisation du travail constituent des aspects valorisants qui compensent partiellement les contraintes financières.
Les perspectives d’évolution et les revendications actuelles
Face à l’érosion du pouvoir d’achat et aux difficultés de recrutement dans certaines disciplines, les organisations syndicales militent pour une revalorisation substantielle des grilles salariales des enseignants-chercheurs.
Les principales revendications portent sur une augmentation immédiate de 20% de la valeur du point d’indice et son indexation sur le coût de la vie pour éviter de nouvelles pertes de pouvoir d’achat. Les syndicats demandent également le respect des engagements de la LPR concernant l’augmentation progressive du RIPEC, actuellement gelé en 2026 alors qu’il devait continuer à progresser.
La comparaison internationale révèle que les professeurs français se situent en position défavorable par rapport à leurs homologues d’autres pays développés. Cette situation pose des questions d’attractivité pour les carrières universitaires, particulièrement dans un contexte de compétition internationale pour les talents.
L’enjeu dépasse la simple question salariale individuelle : il s’agit de l’attractivité du système d’enseignement supérieur français dans son ensemble et de sa capacité à maintenir un niveau d’excellence face aux universités étrangères qui disposent de moyens bien supérieurs pour attirer les meilleurs chercheurs et enseignants.
En définitive, le salaire d’un professeur d’université en 2026 se situe dans une fourchette de 3 308 à 6 567 euros brut mensuels selon l’échelon et la classe, auxquels s’ajoutent des primes variables. Si ces montants peuvent sembler corrects en valeur absolue, leur évolution réelle est préoccupante avec une perte de pouvoir d’achat significative depuis 2000. La profession continue d’attirer des vocations grâce à ses dimensions intellectuelles et à l’autonomie qu’elle offre, mais les défis financiers actuels nécessitent une attention particulière des pouvoirs publics pour garantir l’avenir de l’université française.


