Les jours de fractionnement représentent des congés supplémentaires accordés aux salariés qui ne prennent pas l’intégralité de leur congé principal entre le 1er mai et le 31 octobre. Ce dispositif, souvent mal compris, mérite une explication détaillée pour comprendre son fonctionnement et son calcul précis.
| 📊 Conditions | 🎯 Jours Ouvrables | 📅 Jours Ouvrés | ⚡ Points Clés |
|---|---|---|---|
| Conditions obligatoires | 12 jours consécutifs entre 1er mai-31 oct + 15 jours acquis min + 3 jours hors période | Mêmes conditions de base | Seuls les 24 premiers jours comptent (pas la 5e semaine) |
| 1 jour supplémentaire | 3 à 5 jours hors période légale | 3 à 4 jours hors période légale | Temps partiel : mêmes droits que temps plein |
| 2 jours supplémentaires | 6 jours ou plus hors période (max 12) | 5 jours ou plus hors période (max 10) | Fonction publique : barème différent |
| Dérogations possibles | Convention collective peut modifier/supprimer | Accord d’entreprise peut déroger | Renonciation écrite et libre du salarié possible |
| Calcul indemnité | Méthode la plus favorable : maintien salaire ou 1/10e | Même calcul que jours ouvrables | Apparition sur bulletin novembre + indemnisation si départ |
Qu’est-ce que le fractionnement des congés payés
Le fractionnement des congés concerne uniquement les 24 premiers jours ouvrables de congés payés, appelés « congé principal ». Ces 4 premières semaines doivent normalement être prises entre le 1er mai et le 31 octobre. Lorsqu’un salarié prend une partie de ce congé principal en dehors de cette période légale, il peut bénéficier de jours supplémentaires.
Il est important de noter que la 5ème semaine de congés payés (6 jours ouvrables) n’entre jamais dans le calcul du fractionnement. Cette semaine peut être prise librement tout au long de l’année sans donner droit à des jours supplémentaires.
Les conditions obligatoires pour bénéficier du fractionnement
Pour avoir droit aux jours de fractionnement, le salarié doit respecter plusieurs conditions cumulatives :
- Avoir pris au moins 12 jours ouvrables consécutifs entre le 1er mai et le 31 octobre
- Avoir acquis au minimum 15 jours ouvrables de congés pendant la période de référence
- Prendre au moins 3 jours de congés en dehors de la période légale (après le 31 octobre ou avant le 1er mai)
Le calcul précis des jours de fractionnement
Le nombre de jours supplémentaires accordés dépend du nombre de jours pris en dehors de la période légale. Le Code du travail prévoit un barème précis selon que votre entreprise comptabilise en jours ouvrables ou ouvrés.
Calcul en jours ouvrables (du lundi au samedi)
Lorsque l’entreprise comptabilise les congés en jours ouvrables, le calcul s’effectue ainsi :
- 1 jour supplémentaire si le salarié prend entre 3 et 5 jours ouvrables en dehors de la période légale
- 2 jours supplémentaires si le salarié prend 6 jours ouvrables ou plus (jusqu’à 12 jours maximum)
Calcul en jours ouvrés (jours effectivement travaillés)
Pour les entreprises qui comptabilisent en jours ouvrés, les seuils sont adaptés :
- 1 jour supplémentaire si le salarié prend entre 3 et 4 jours ouvrés en dehors de la période légale
- 2 jours supplémentaires si le salarié prend 5 jours ouvrés ou plus (jusqu’à 10 jours maximum)
Exemples concrets de calcul
Pour mieux comprendre le mécanisme, voici plusieurs situations pratiques avec leur calcul détaillé :
Exemple 1 : Marie, comptable en jours ouvrables
Marie dispose de 30 jours ouvrables de congés (24 + 6 de 5ème semaine). Elle prend :
- 18 jours ouvrables en août (période légale)
- 4 jours ouvrables en novembre (hors période légale)
Calcul : Marie a pris 4 jours hors période légale, ce qui lui donne droit à 1 jour de fractionnement. Elle aura donc 31 jours au total.
Exemple 2 : Thomas, technicien en jours ouvrés
Thomas travaille dans une entreprise comptabilisant en jours ouvrés. Il prend :
- 10 jours ouvrés en juillet (période légale)
- 5 jours ouvrés en décembre (hors période légale)
Calcul : Thomas a pris 5 jours ouvrés hors période légale, il obtient donc 2 jours de fractionnement supplémentaires.
Exemple 3 : Sophie, cas particulier d’entrée en cours d’année
Sophie, embauchée en avril, a acquis 18 jours ouvrables. Elle prend :
- 12 jours consécutifs en septembre (période légale)
- 3 jours en janvier suivant (hors période légale)
Calcul : Sophie remplit toutes les conditions (plus de 15 jours acquis, 12 jours consécutifs en période légale, 3 jours hors période). Elle obtient 1 jour de fractionnement.
Cas particuliers et exceptions
Salariés à temps partiel
Les salariés à temps partiel bénéficient des mêmes droits que les salariés à temps plein. Le calcul s’effectue selon les mêmes règles, sans proratisation en fonction du temps de travail. Un salarié travaillant 3 jours par semaine qui prend 4 jours en décembre obtiendra 1 jour de fractionnement.
Apprentis et contrats spécifiques
Les apprentis acquièrent le même nombre de jours de congés qu’un salarié en CDI ou CDD. Les règles de fractionnement s’appliquent donc de manière identique, sans distinction selon le type de contrat.
Fonction publique : règles spécifiques
Dans la fonction publique, le barème diffère légèrement du secteur privé :
- 1 jour supplémentaire pour 5 à 7 jours pris hors période légale
- 2 jours supplémentaires pour 8 jours ou plus pris hors période légale
Les Accompagnants d’Élèves en Situation de Handicap (AESH) bénéficient automatiquement des 2 jours de fractionnement, leurs congés étant calés sur les vacances scolaires.
Dérogations et renonciation aux jours de fractionnement
Accord collectif dérogatoire
Une convention collective ou un accord d’entreprise peut modifier les règles légales de fractionnement. Ces accords peuvent :
- Supprimer complètement le droit aux jours de fractionnement
- Modifier le nombre de jours accordés (jusqu’à 3 jours dans certaines conventions)
- Adapter les seuils de déclenchement
Renonciation individuelle du salarié
Le salarié peut renoncer expressément à ses jours de fractionnement. Cette renonciation doit être :
- Écrite et explicite : jamais présumée ou imposée par l’employeur
- Libre et éclairée : le salarié doit comprendre les conséquences
- Contemporaine de la demande de congés : elle ne peut pas être anticipée dans le contrat de travail
Impact sur le bulletin de salaire
Les jours de fractionnement apparaissent sur le bulletin de salaire de novembre (après le 31 octobre). Deux lignes sont généralement présentes :
- Une ligne de retenue pour les congés pris (montant négatif)
- Une ligne d’indemnité compensatrice (montant positif)
Méthode de calcul de l’indemnité
L’indemnité des jours de fractionnement se calcule selon la méthode la plus favorable entre :
- Maintien de salaire : salaire mensuel ÷ 26
- Règle du 1/10ème : (base de congés payés ÷ 10) ÷ nombre de jours acquis hors fractionnement
Gestion en cas de départ de l’entreprise
Lorsqu’un salarié quitte l’entreprise, les jours de fractionnement non pris doivent être indemnisés. Cette indemnité compensatrice :
- S’intègre au calcul global de l’indemnité de congés payés
- Utilise la méthode la plus favorable au salarié
- Doit figurer obligatoirement sur le dernier bulletin de salaire
Optimisation et planification stratégique

Comment maximiser ses jours de fractionnement
Pour optimiser ses congés, le salarié peut adopter une approche stratégique :
- Prendre exactement 12 jours consécutifs pendant la période légale (minimum obligatoire)
- Conserver 6 jours ou plus pour les prendre après le 31 octobre (pour obtenir 2 jours supplémentaires)
- Éviter de prendre moins de 3 jours hors période légale (aucun avantage)
- Se rappeler que la 5ème semaine peut être prise librement
Outils de calcul et vérification
De nombreux outils facilitent le calcul des jours de fractionnement :
- Logiciels RH automatisant le calcul et la génération des jours
- Simulateurs en ligne pour anticiper ses droits
- Modèles de calcul Excel téléchargeables
Ces outils permettent d’éviter les erreurs de calcul et garantissent le respect de la législation en vigueur.
Secteurs spécifiques et conventions particulières
Convention Syntec
La convention Syntec prévoit un régime plus avantageux que le Code du travail :
- 1 jour supplémentaire pour 3 ou 4 jours pris hors période légale
- 2 jours supplémentaires pour 5 jours ou plus
Secteur du BTP
Le BTP dispose de règles spécifiques avec les accords CIBTP qui peuvent prévoir :
- Des jours supplémentaires d’ancienneté cumulés aux jours de fractionnement
- Des modalités particulières en cas de fermeture imposée par l’employeur
La maîtrise du calcul des jours de fractionnement s’avère essentielle pour les services RH comme pour les salariés. Cette connaissance permet d’optimiser la gestion des congés tout en respectant scrupuleusement les obligations légales. Les outils digitaux facilitent aujourd’hui ces calculs complexes, offrant une gestion plus fluide et sans erreur de cet avantage social important.


